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Courir en K-Way pour “fondre”: une habitude dangereuse et inutile

Courir en K-Way pour “fondre”: une habitude dangereuse et inutile

25 septembre 2019

“Je transpire plus donc je maigris plus” est une idée reçue persistante : suer équivaudrait à perdre de la graisse puisque le passage sur la balance affiche quelques hectogrammes en moins après un footing bien couvert. D’aucuns imagineront que la masse grasse fond comme neige au soleil, pourtant, cette croyance est fausse et même dangereuse. J’ai été confrontée à ce mythe qui a la peau dure durant mes coachings, du joggeur en K-Way aux pratiquants de fitness le corps enroulé dans la cellophane, en passant par les adeptes du sauna : l’idée d’affiner sa silhouette en poussant le corps en surchauffe mérite d’être dénoncée pour éviter les accidents.

Le corps régule sa propre température

La thermorégulation est un mécanisme de maintien de la température corporelle à un état stable d’environ 37°C (variations +/- 1°C en fonction de l’heure, du cycle menstruel, etc.), elle est le résultat de production et de perte de chaleur : on parle respectivement de thermogenèse et de thermolyse.

Lors d’un exercice, la température interne est transmise à l’enveloppe périphérique, autrement dit au derme, grâce à une vasodilatation des vaisseaux sanguins et des capillaires de la peau, puis diffusée dans l’air ambiant pour rafraîchir le corps. L’Homme est un être dit homéotherme, car il conserve sa température corporelle indépendamment des températures extérieures.

Durant un exercice physique, la thermogenèse (la production de chaleur, donc) peut être multipliée jusqu’à 20, environ 30% de cette chaleur est convertie en énergie mécanique, pour générer le mouvement, les 70% restants doivent être dissipés[1]. Dans le cerveau, l’hypothalamus, qui joue le rôle de thermostat, compense cet excès de chaleur en optant pour une stratégie de thermolyse (perte de chaleur) : la sudation.
Ce phénomène de sécrétion de liquide par les pores de la peau permet à l'organisme de se rafraîchir en cas de chaleur excessive grâce à l'évaporation : la sueur sécrétée passe de l’état liquide sur la peau à gazeux dans l’air ambiant.

Pour aider le corps à réguler sa température, il est conseillé de :

  • Porter des vêtements aérés pour permettre à l’organisme de transpirer et évaporer l’eau;
  • S’éloigner des sources de chaleur (pour limiter le transfert par rayonnement ou radiation), comme pratiquer à des heures où la température est redescendue et à l‘ombre par exemple;
  • S’approcher d’un ventilateur, pratiquer avec un courant d’air frais (pour créer une convection plus importante) comme lorsque vous soufflez sur un aliment pour le refroidir;
  • Rester en contact avec des objets frais pour transférer la chaleur par conduction (cette technique semble cependant difficile à mettre en place pendant une séance).
Mécanismes d'échange de la chaleur
Mécanismes d'échanges de la chaleur

La surchauffe

L'évacuation de la chaleur corporelle est assurée à 80% par l'évaporation de la transpiration [1].
Ce phénomène est largement entravé lorsque l'air environnant est saturé d'humidité, par conséquent la transpiration n'assure plus sa fonction de thermolyse, et c'est la surchauffe.

Cercle vicieux surchauffe
Mécanismes d'échange de la chaleur entravés
Mécanismes d'échanges de la chaleur et surchauffe

On parle même de déshydratation aiguë lorsque la perte de poids atteint 4% de la masse corporelle [2].

S’ensuivent des risques d’accidents cardio-vasculaires et d’hyperthermie maligne avec une température corporelle atteignant les 40°C, entraînant des confusions, délires ou encore convulsions qui peuvent mener au coma et s’avérer fatales [3].

Attention !
Ces cas extrêmes concernent tout le monde, y compris les personnes en bonne condition physique. Par exemple entre 2002 et 2004, 318 cas de coup de chaleur d’effort ont été recensés dans l’Armée française [4].

Transpirer ne fait pas perdre de poids

Transpirer témoigne d’une bonne séance de sport, mais tricher pour transpirer davantage n’est pas synonyme de perte de poids efficace.

En effet, la sueur est composée essentiellement d’eau à 99% et de minéraux. Environ 1L de transpiration (environ 1 kg) est sécrété pendant 1 heure d’exercice [1].

Vous perdez davantage d’eau lorsque vous portez un K-Way, seulement le poids volatilisé sur la balance en revenant de footing est celui de la transpiration évacuée, que vous reprendrez inévitablement en vous réhydratant correctement.

Par ailleurs, la déshydratation aggravée accélère la fatigue, limite vos performances et cela impacte la perte de poids.

Pour perdre de la masse grasse sainement, il conviendra, en plus d’adapter son alimentation, de pratiquer une activité physique pour mettre en place certains mécanismes physiologiques, qui inévitablement mobiliseront les graisses et cela fera l’objet du prochain article.

En résumé

Au-delà des “solutions maison” du K-Way et de la cellophane, je déplore l'existence d’un business des vêtements de sudation, vendus la plupart du temps comme de réels produits amincissants à renfort d’arguments bullshit dangereux, je cite :

Lors de l'activité physique un puissant effet sauna est généré pour traiter les zones " à problèmes " comme les fesses, les cuisses et les mollets.

Pour affiner sa silhouette, il est donc inutile de créer une chaleur artificielle qui s’avère dangereuse et inefficace. Pratiquer une activité physique régulière en faisant preuve de bon sens comme porter des vêtements respirants, pratiquer à l’ombre, s’hydrater régulièrement, s’acclimater aux conditions locales, respecter son niveau d’entraînement, et adapter un régime alimentaire équilibré est un bon point de départ pour améliorer sa composition corporelle.


Sources :
[1] Chin Leong Lim, Chris Byrne, Jason KW Lee. Human Thermoregulation and Measurement of Body Temperature in Exercise and Clinical Settings. Annals Academy of Medicine. 2008 [consulté le 17 Juillet 2019]. Disponible sur https://www.researchgate.net/profile/Chris_Byrne/publication/5392270_Human_Thermoregulation_and_Measurement_of_Body_Temperature_in_Exercise_and_Clinical_Settings/links/02e7e519faa2f71155000000/Human-Thermoregulation-and-Measurement-of-Body-Temperature-in-Exercise-and-Clinical-Settings.pdf
[2] http://www.medecine.sorbonne-universite.fr/_resources/ressourcesnumeriques/ducapacitemedecinedusport/CIUMBS-ROUSSEAU-nut-sport-mars2013pdf.pdf?download=true
[3] P. Adnet, C. Bonfils et I. Halle. Coup de chaleur et hyperthermie maligne d'effort. 15 Octobre 1999. Développement et Santé, n°143, octobre 1999 [consulté le 17 Juillet 2019]. Disponible sur https://devsante.org/articles/coup-de-chaleur-et-hyperthermie-maligne-d-effort
[4] C BROSSET, A ABRIAT, E SAGUI, M BRÉGIGEON Service de neurologie, HIA Laveran, Marseille Armées. Coup de chaleur d’exercice : comment le reconnaître ? La Revue du CARUM Club des Anesthésistes Réanimateurs et Urgentistes Militaires, septembre 2008, n° 24, page 19 [consulté le 17 Juillet 2019]. Disponible sur https://sofia.medicalistes.fr/spip/IMG/pdf/Reanoxyo_24-septembre_2008.pdf

Bibliographie :
Manuel de formation Institut des Métiers de la Forme https://ecole-imf.fr/

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